Spécialiste Vétérinaire ?

Vétérinaire spécialiste : que recouvre vraiment ce titre ?

Le grand public, mais aussi une partie de la profession, confond souvent les différents qualificatifs utilisés pour décrire la compétence d’un vétérinaire dans un domaine précis. Comme en médecine humaine, certains vétérinaires choisissent de se spécialiser (ophtalmologie, chirurgie, etc.).

Voici ce que ce titre implique réellement.

Quel diplôme donne accès à ce statut ?

Le Ministère de l’Agriculture délivre le statut de spécialiste sur la base de deux diplômes :

  • le Diplôme Européen de Vétérinaire Spécialiste, délivré par un Collège Européen de Spécialité reconnu en France, sous la responsabilité de l’European Board of Veterinary Specialisation (EBVS) ;
  • le Diplôme d’Études Spécialisées Vétérinaires (DESV), diplôme français.

Un seul titre est reconnu à l’échelle européenne, celui d’European SpecialistTM, délivré par les Collèges Européens de chaque spécialité (médecine interne ECVIM, chirurgie ECVS, imagerie médicale ECVDI, dermatologie ECVD, ophtalmologie ECVO…) sous la supervision de l’EBVS. Les vétérinaires diplômés aux États-Unis peuvent aussi obtenir ce titre européen s’ils remplissent les critères de publication requis. Le statut est réévalué tous les cinq ans.

Comment obtient-on un diplôme européen ou français ?

Le diplôme européen suppose un internat (ou une année équivalente en pratique générale) suivi d’un résidanat de trois ans dans une structure agréée, le tout sanctionné par un examen. Pendant ce résidanat, le vétérinaire se consacre à temps plein à sa discipline et à la préparation de son diplôme.

Le DESV, délivré par le Ministère de l’Agriculture, suit en général le même schéma : résidanat puis examen. Il peut aussi être obtenu par validation des acquis de l’expérience (VAE), pour les vétérinaires n’ayant pas suivi de résidanat.

Comment vérifier qu’un vétérinaire est bien spécialiste ?

La liste des spécialistes reconnus en France figure sur le site de l’Association des Vétérinaires Spécialistes Français (avsf.fr) et sur celui de l’Ordre des Vétérinaires (veterinaire.fr, rubrique « trouver un vétérinaire »). Les diplômés européens et américains sont recensés sur les sites des Collèges concernés (ECVIM, ACVIM, ECVS, ACVS…) ou sur celui de l’EBVS (ebvs.org).

Pourquoi faire appel à un vétérinaire spécialiste ?

Sa formation de pointe lui permet d’offrir le meilleur niveau de soins possible, et il dispose en général d’équipements adaptés au diagnostic et au traitement (radiologie numérique, scanner, IRM, échographe, endoscope, matériel de chirurgie osseuse, laser…). Mais l’équipement ne fait pas le spécialiste : ce qui compte, c’est sa connaissance et son expérience, qui lui permettent de tirer la quintessence d’un examen. Un test coûteux mal interprété n’apporte souvent que peu de valeur.

Le spécialiste travaille en collaboration avec le vétérinaire généraliste, comme en médecine humaine : il intervient en appoint lorsqu’un cas se complique ou qu’un examen spécifique s’impose. Une fois le diagnostic posé ou le traitement engagé, l’animal reste suivi par son généraliste, qui gère l’ensemble de sa santé au quotidien.

Les obligations du vétérinaire spécialiste

Porter ce titre implique plusieurs devoirs :

  • se former en continu, en participant régulièrement aux congrès internationaux de son Collège ;
  • transmettre ses connaissances aux confrères, généralistes ou spécialistes, via des formations ou des congrès ;
  • publier, en participant à la recherche clinique de sa discipline.

Ces critères sont réexaminés tous les cinq ans lors du renouvellement du diplôme européen.

Et le CES ou le CEAV ?

Le Certificat d’Études Supérieures (CES) et le Certificat d’Études Approfondies Vétérinaire (CEAV) sont un premier niveau de formation post-universitaire : ils attestent que leur détenteur a approfondi ses connaissances dans un domaine, sans donner accès au titre de spécialiste. Accessibles aux praticiens en exercice, ils reposent sur quelques semaines de formation théorique (4 à 8 en général), un stage auprès de spécialistes, et un examen validant. Rien à voir, donc, avec les trois ans de résidanat à temps plein exigés pour le titre de spécialiste.

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