Quelle prise en charge lors de rhinosinusite chez le chat ?

Quelle prise en charge lors de rhinosinusite chez le chat ?

Les éternuements et le jetage nasal constituent des motifs de consultation fréquents chez le chat. Si une origine infectieuse, notamment virale, est fréquente lors d’atteinte aiguë, la persistance ou la récidive des signes cliniques doit conduire à rechercher une affection sous-jacente [1,2,3].

La rhinosinusite chronique féline correspond à une inflammation de la cavité nasale évoluant depuis au moins 4 semaines, de façon continue ou intermittente [1]. Elle constitue une cause fréquente de signes respiratoires supérieurs chroniques et représenterait environ 35 % des cas de maladie nasale chronique chez le chat [1].

L’étiologie des rhinites chroniques félines reste largement inconnue. Une hypothèse importante est qu’une infection virale primaire, notamment à FHV-1, puisse entraîner des lésions persistantes de la muqueuse et des cornets nasaux, altérer la clairance mucociliaire et ainsi favoriser le développement ultérieur d’une inflammation chronique et d’infections bactériennes secondaires [1,2].

Une infection bactérienne primaire semble en revanche rare. L’amélioration souvent transitoire observée sous antibiothérapie suggère plutôt une implication bactérienne secondaire. Certains auteurs évoquent ainsi davantage un déséquilibre de la flore commensale, avec prolifération d’agents potentiellement pathogènes, qu’une véritable infection bactérienne primaire [1,2].

Une origine allergique paraît peu probable dans la majorité des cas : les infiltrats éosinophiliques sont rares et une saisonnalité est peu fréquemment observée. Une association avec l’asthme félin a néanmoins été évoquée, et des signes de rhinite ont également été rapportés chez des chats atteints de bronchite chronique stérile [2].

La rhinosinusite chronique idiopathique reste cependant un diagnostic d’exclusion : une origine tumorale, fongique, dentaire, un corps étranger, un polype ou une autre anomalie structurelle doivent notamment être écartés avant de retenir ce diagnostic [1,2,3].

1. Première étape : rhinite aiguë ou chronique ?

Lors d’apparition aiguë d’éternuements et de jetage nasal, en particulier chez un chat jeune ou vivant en collectivité, une infection des voies respiratoires supérieures est fréquente. Les principaux agents impliqués sont notamment le feline herpesvirus-1 (FHV-1) et le feline calicivirus (FCV), auxquels peuvent s’associer Chlamydia felis, Mycoplasma spp. ou Bordetella bronchiseptica [3,4].

En revanche, la persistance ou la récidive des signes doit conduire à reconsidérer le diagnostic. Une amélioration sous antibiothérapie ne permet pas, à elle seule, de conclure à une infection bactérienne primaire : les infections bactériennes secondaires sont fréquentes au cours des affections nasales chroniques [1–3].

2. Quand faut-il investiguer ?

Une exploration plus approfondie est notamment recommandée lors de signes cliniques persistants ou récidivants, d’un jetage unilatéral persistant, d’une épistaxis, d’une déformation faciale, d’une diminution du flux d’air nasal, d’un stertor ou de signes d’obstruction nasopharyngée, d’un amaigrissement ou altération de l’état général, d’une absence de réponse durable aux traitements symptomatiques [1,3].  L’âge et la présentation clinique permettent d’orienter les hypothèses diagnostiques, mais sont rarement suffisants pour établir un diagnostic définitif [1,3].

Les principales affections à rechercher comprennent : une rhinosinusite chronique inflammatoire, un phénomène néoplasique nasal, notamment un lymphome, un (adéno)carcinome ou un sarcome, une rhinite fongique, en particulier une cryptococcose ou une aspergillose, cette dernière étant plus fréquemment sino-orbitaire chez le chat, un polype nasopharyngé ou nasal, un corps étranger, une affection dentaire ou une fistule oro-nasale, une sténose nasopharyngée, une anomalie congénitale [1–3].

3. Quels examens privilégier ?

Examen clinique :

L’examen clinique doit d’abord préciser les caractéristiques du jetage nasal, notamment son aspect (séreux, muqueux, mucopurulent, hémorragique) ainsi que sa latéralisation (unilatérale ou bilatérale). Il convient également de rechercher : une déformation faciale, une masse faisant protrusion par les narines, une exophtalmie ou un défaut de perméabilité des colonnes d’air nasales [2].

Un jetage unilatéral est plus fréquemment associé à un corps étranger ou à un processus néoplasique qu’à une rhinosinusite chronique idiopathique [1]. De même, une diminution importante ou une absence de perméabilité d’une colonne d’air peut faire suspecter une obstruction liée à un phénomène néoplasique, un granulome (notamment fongique) ou un corps étranger [1]. Enfin, une asymétrie faciale ou une exophtalmie laissent suspecter en priorité un processus néoplasique ou une affection fongique [1,2].

Un examen oral complet est indispensable afin de rechercher une fistule oro-nasale, une fracture dentaire, une masse, une anomalie du palais, une gingivite, une parodontite [2].

Un examen otoscopique est également recommandé, notamment en raison de l’association possible entre polypes de l’oreille moyenne et polypes nasopharyngés [2].

Les nœuds lymphatiques mandibulaires doivent également être palpés. Leur augmentation de taille est cependant souvent simplement réactionnelle et reste donc peu spécifique [2].

Lors d’affection nasale chronique, un bilan diagnostique sous anesthésie générale est généralement nécessaire. Il repose principalement sur un examen tomodensitométrique de la tête, une rhinoscopie et une analyse histopathologique de biopsies nasales, complétées selon le contexte par des examens mycologiques ou bactériologiques [1-3].

Examens d’imagerie :

La radiographie n’est pas considérée comme l’examen d’imagerie de choix. Sa sensibilité est nettement inférieure à celle du scanner et elle apporte moins d’informations concernant la taille et l’extension des lésions ainsi que l’atteinte des structures adjacentes. Lorsqu’un scanner est disponible, son intérêt est donc limité [2].

L’examen tomodensitométrique permet d’évaluer les cornets nasaux, les sinus frontaux, le nasopharynx, les structures dentaires, la présence d’une lyse ou d’un remodelage osseux, d’une masse ou de matériel intranasal, ainsi que les nœuds lymphatiques rétropharyngés [1,2].

Certaines anomalies tomodensitométriques sont plus suggestives d’un phénomène néoplasique, notamment une lyse osseuse ou une distribution asymétrique des tissus mous. Il existe cependant un chevauchement important entre les lésions inflammatoires et tumorales ; le scanner ne permet donc généralement pas, à lui seul, d’établir un diagnostic définitif [1].

Rhinoscopie :

La rhinoscopie par voie antérograde et rétrograde permet d’examiner le nasopharynx, l’oropharynx et les cavités nasales, de rechercher un corps étranger ou une masse et d’obtenir le meilleur aperçu direct de l’aspect de la muqueuse nasale [1,3].

Lors de rhinite chronique, peuvent être observés : une congestion ou une hyperhémie de la muqueuse, une fragilité accrue, des ulcérations, une accumulation de mucus ou encore une destruction des cornets nasaux avec élargissement des méats [1,2].

La rhinoscopie permet également de réaliser des prélèvements ciblés pour analyses histopathologique, cytologique, bactériologique ou mycologique. Des calques de biopsies peuvent notamment être réalisés pour l’examen cytologique.

Analyse cytologique versus histologique :

Le diagnostic repose sur l’analyse histologique de biopsies de la muqueuse nasale [1–3]. La cytologie nasale présente une valeur diagnostique plus limitée : dans une étude comparant analyse cytologique et histologique de biopsies nasales chez des chats atteints de maladie nasale chronique, le type cellulaire prédominant n’était concordant que dans 25 % des cas [5]. Elle peut néanmoins fournir une orientation diagnostique rapide lorsqu’un processus néoplasique est clairement identifié cytologiquement, notamment lorsqu’une décision thérapeutique doit être prise sans délai. Elle peut alors être utilement couplée à une analyse cytologique de cytoponctions des nœuds lymphatiques drainants, lorsqu’ils sont augmentés de taille ou suspects.

Lors de rhinosinusite chronique, l’infiltrat inflammatoire peut être neutrophilique, lymphoplasmocytaire ou mixte, plus rarement éosinophilique [1,2,5]. En pratique, cette distinction a souvent moins d’importance que la capacité de l’histologie à différencier une affection inflammatoire d’un processus néoplasique et, en cas de tumeur, à en préciser la nature, ce qui conditionne directement les options thérapeutiques ultérieures, notamment chimiothérapie, radiothérapie ou thérapie ciblée selon le type tumoral.

Les prélèvements doivent, lorsque cela est possible, être endoguidés et réalisés dans les deux cavités nasales, même lorsque les signes cliniques sont unilatéraux [2,3]. Les biopsies à l’aveugle sont davantage exposées au risque de manquer la lésion ou de prélever du tissu péri-lésionnel inflammatoire ou nécrotique plutôt que la lésion elle-même [2].

Enfin, le résultat histologique doit toujours être interprété en parallèle de l’anamnèse, du scanner et de l’aspect rhinoscopique. La mise en évidence d’une inflammation sur une biopsie ne permet pas nécessairement d’exclure un phénomène néoplasique si les autres éléments restent fortement évocateurs : un prélèvement peut avoir intéressé la périphérie inflammatoire d’une masse ou une zone nécrotique non diagnostique. En cas de discordance entre les différents examens, la représentativité des biopsies doit donc être remise en question et de nouveaux prélèvements plus profonds ou mieux ciblés envisagés [2].

Recherche d’agent infectieux :

Recherche sérologique :

La sérologie des virus respiratoires présente peu d’intérêt diagnostique en raison de la forte séroprévalence dans la population féline saine [1]. En revanche, lors de suspicion de cryptococcose, la recherche d’antigène cryptococcique constitue un examen particulièrement utile, à la fois pour le diagnostic et le suivi [1].

Culture bactérienne :

La réalisation systématique d’une culture bactérienne nasale est controversée. La cavité nasale n’est pas un site stérile et la rhinite bactérienne primaire est considérée comme rare ; les bactéries isolées peuvent donc correspondre à des commensaux ou à une colonisation secondaire plutôt qu’à la cause primaire de la maladie [1,2].

Un simple écouvillonnage du jetage nasal présente ainsi peu d’intérêt diagnostique, car il conduit fréquemment à l’isolement de bactéries provenant de la flore commensale de l’oropharynx [1]. Lorsqu’une bactériologie est jugée pertinente, notamment en cas de suspicion de surinfection secondaire sévère, récidivante ou réfractaire, un prélèvement profond obtenu par lavage nasal ou biopsie est préférable [1,2].

Une culture bactérienne positive ne doit pas conduire à interrompre la démarche diagnostique, notamment l’imagerie, la rhinoscopie et l’histopathologie. En effet, dans une étude concernant des chats souffrant d’une atteinte chronique des voies respiratoires hautes, la culture bactérienne était positive chez 24/25 chats, alors que chacun de ces 24 chats présentait une cause sous-jacente identifiée : 11 rhinosinusites chroniques, 7 néoplasies et 6 rhinites mycosiques. Les bactéries isolées et leur quantité ne permettaient pas de différencier les différents groupes diagnostiques [6]. Par ailleurs, l’utilisation d’un antibiotique choisi sur la base de l’antibiogramme ne garantissait pas une amélioration clinique [6].

Ainsi, l’isolement d’une bactérie dans les cavités nasales ne démontre pas à lui seul son rôle causal, et une culture positive doit toujours être interprétée dans le contexte clinique, tomodensitométrique, endoscopique et histologique.

Recherche d’agents infectieux par PCR sur prélèvements oropharyngés/conjonctivaux

Chez les chats présentant une maladie respiratoire aiguë, des prélèvements oropharyngés ou conjonctivaux peuvent être utilisés pour rechercher notamment FHV-1, FCV, C. felis, B. bronchiseptica ou Mycoplasma spp. [1,3].

L’interprétation doit cependant rester prudente : un résultat négatif n’exclut pas une infection, notamment en cas d’excrétion intermittente du FHV-1, tandis qu’un résultat positif pour FHV-1 ou FCV ne démontre pas nécessairement que le virus est responsable des signes cliniques, ces agents pouvant également être détectés chez des chats porteurs sains [1].

La PCR peut être particulièrement utile lorsqu’une infection par Mycoplasma spp. est suspectée, cet agent étant difficile à cultiver [1]. Toutefois, Mycoplasma spp. est rarement considéré comme un pathogène respiratoire primaire chez le chat adulte et sa détection correspond le plus souvent à une infection opportuniste ou secondaire [3].

La rhinosinusite chronique idiopathique doit ainsi être retenue après exclusion raisonnable des principales causes tumorales, fongiques, dentaires, infectieuses et structurelles [1–3].

4. Comment traiter une rhinosinusite chronique idiopathique ?

Le traitement de la rhinosinusite chronique est souvent frustrant. Il n’existe pas de traitement curatif ni de protocole thérapeutique universel ; la prise en charge vise surtout à contrôler les épisodes cliniques, améliorer la qualité de vie et limiter la progression de la maladie. Les propriétaires doivent être informés du caractère récidivant de l’affection et de la nécessité d’adapter régulièrement le traitement [1–3].

Favoriser la clairance des sécrétions

L’amélioration de la clairance mucociliaire constitue un élément important de la prise en charge [1,2]. Elle peut reposer sur la nébulisation de sérum physiologique, l’humidification des voies respiratoires, le nettoyage régulier des narines et, lors d’encombrement important, le lavage nasal.

Le lavage nasal permet d’éliminer les sécrétions mucopurulentes épaisses, de rétablir la perméabilité du flux d’air et de favoriser le drainage des sinus [1]. Chez un animal coopératif, un lavage doux avec du NaCl tiédi peut éventuellement être réalisé sur un animal vigil. La nébulisation de sérum physiologique peut également contribuer à diminuer la viscosité des sécrétions et favoriser leur élimination ; des séances d’environ 15 minutes toutes les 8 à 12 heures sont parfois proposées, bien qu’aucune étude clinique n’ait formellement démontré leur efficacité [1]. Les mucolytiques, notamment la N-acétylcystéine ou la bromhexine, peuvent être envisagés dans certains cas, mais leur bénéfice spécifique sur les voies respiratoires supérieures félines reste incertain [1,2].

Antibiothérapie :

La présence d’un jetage mucopurulent ne signifie pas nécessairement qu’une antibiothérapie est indiquée de manière systématique ou répétée [1]. Une rhinite bactérienne primaire étant rare et les infections bactériennes observées étant le plus souvent secondaires, une antibiothérapie peut améliorer le jetage mais la résolution complète et durable des signes cliniques est inhabituelle, et les rechutes après l’arrêt du traitement sont fréquentes [2].

Lorsqu’une antibiothérapie est jugée nécessaire, les infections bactériennes secondaires répondent souvent à des antibiotiques de première intention, notamment les aminopénicillines, l’amoxicilline-acide clavulanique ou les céphalosporines de première génération [2]. La doxycycline peut également être intéressante, notamment lorsqu’une implication de Mycoplasma spp., Chlamydia felis ou Bordetella bronchiseptica est suspectée [4]. Les traitements antibiotiques répétés doivent cependant être évités autant que possible, car ils peuvent modifier la flore commensale et favoriser la sélection de bactéries résistantes, notamment Pseudomonas spp. [1,2].

Les recommandations historiques ont parfois proposé des traitements prolongés, jusqu’à 6 à 8 semaines, lors de rhinosinusite chronique [1]. Les données plus récentes incitent toutefois à une utilisation plus raisonnée et individualisée, notamment lors d’exacerbation compatible avec une infection bactérienne secondaire [2,6].

Traitement anti-inflammatoire et immunomodulateur

Une composante inflammatoire importante est présente lors de rhinosinusite chronique [1]. Les glucocorticoïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent théoriquement diminuer l’œdème et l’inflammation de la muqueuse ; cependant, leur efficacité n’a pas été démontrée par des études contrôlées chez le chat atteint de rhinosinusite chronique et aucun protocole thérapeutique ne fait actuellement consensus [1,2].

La voie inhalée, notamment avec du propionate de fluticasone administré à l’aide d’une chambre d’inhalation adaptée au chat, peut être envisagée afin de limiter l’exposition systémique aux glucocorticoïdes. Une courte corticothérapie orale à dose anti-inflammatoire peut être utilisée initialement, le temps d’habituer progressivement le chat à la chambre d’inhalation. L’objectif est ensuite de rechercher la dose minimale efficace. Cette approche repose surtout sur l’expérience clinique et sur l’extrapolation des données disponibles dans la rhinite inflammatoire chronique canine.

Il convient néanmoins de garder à l’esprit que les glucocorticoïdes peuvent aggraver une infection bactérienne sévère ou favoriser une recrudescence et une nouvelle excrétion du FHV-1 [1,2].

Des données récentes suggèrent qu’une immunosuppression via l’utilisation de ciclosporine peut être utile chez certains chats atteints de rhinosinusite chronique réfractaire, ou lorsque les corticoïdes doivent être interrompus en raison d’effets indésirables [6]. Ces données restent toutefois limitées à un très faible nombre de cas.

Antiviraux

Le rationnel d’utilisation des antiviraux repose sur l’implication supposée du FHV-1 dans la pathogenèse de la rhinosinusite chronique. Cependant, les preuves d’une infection virale active persistante au cours de la maladie chronique restent faibles [1].

Le famciclovir peut donc être envisagé lorsque des éléments cliniques suggèrent une infection active à FHV-1, notamment en présence de manifestations herpétiques concomitantes. Son intérêt est beaucoup moins prévisible dans une rhinosinusite chronique installée, dont les signes peuvent surtout résulter de lésions structurelles et inflammatoires persistantes plutôt que d’une réplication virale active [1,2].

Antihistaminiques :

Les antihistaminiques sont parfois utilisés, mais leur efficacité est généralement considérée comme faible et essentiellement anecdotique. Leur utilisation peut néanmoins être envisagée lorsqu’une composante allergique ou saisonnière est suspectée [2].

Une rhinosinusite chronique est donc rarement définitivement guérie. Toutefois, lorsque les propriétaires adhèrent à une prise en charge régulière et aux traitements complémentaires nécessaires, la qualité de vie peut être nettement améliorée malgré la persistance de la maladie [1,2].

À retenir

  • La rhinosinusite chronique féline est un diagnostic d’exclusion.
  • Lors de signes persistants ou récidivants, le scanner, la rhinoscopie et les biopsies pour analyse histologique constituent le cœur de la démarche diagnostique.
  • Un jetage mucopurulent ou une culture bactérienne positive ne démontrent pas une infection bactérienne primaire.
  • La prise en charge est généralement multimodale et vise surtout à contrôler les signes : amélioration de la clairance mucociliaire, traitement anti-inflammatoire, antibiothérapie raisonnée lorsqu’une infection secondaire paraît cliniquement significative
  • La rhinosinusite chronique idiopathique est rarement curable, mais une prise en charge individualisée au long terme permet une amélioration durable de la qualité de vie

Références

1. Reed N. Chronic Rhinitis in the Cat: An Update. Vet Clin North Am Small Anim Pract. 2020;50(2):311–329. doi:10.1016/j.cvsm.2019.10.005.

2. Niedenführ T, Zöllner M, Schulz B. Chronic rhinitis in dogs and cats – an overview of etiology, diagnostics and therapy. Tierarztl Prax Ausg K Kleintiere Heimtiere. 2025;53(2):82–95. doi:10.1055/a-2548-1533.

3. Ettinger SJ, Feldman EC, Côté E, eds. Ettinger’s Textbook of Veterinary Internal Medicine. 9th ed. Elsevier; 2024.

4. Lappin MR, Blondeau J, Boothe D, et al. Antimicrobial use Guidelines for Treatment of Respiratory Tract Disease in Dogs and Cats: Antimicrobial Guidelines Working Group of the International Society for Companion Animal Infectious Diseases. J Vet Intern Med. 2017;31(2):279–294. doi:10.1111/jvim.14627.

5. Michiels L, Day MJ, Snaps F, Hansen P, Clercx C. A retrospective study of non-specific rhinitis in 22 cats and the value of nasal cytology and histopathology. Journal of Feline Medicine and Surgery. 2003;5(5):279–285. doi:10.1016/S1098-612X(03)00044-5.

6. Emming C, Verspohl J, Beineke A, Rösch S. Impact of culture-based bacteriological examination on diagnosis and treatment in cats with chronic nasal disease – Insights from a case series of 25 cats. Front Vet Sci. 2025;12:1687083. doi:10.3389/fvets.2025.1687083.

Figure 1. Chat Ragdoll femelle stérilisée de 11 ans présentant depuis environ un an des éternuements, une toux, un stertor et des sifflements nasaux. Le scanner mettait en évidence une rhinite unilatérale gauche non érosive, avec comblement marqué de la cavité nasale et du nasopharynx par du matériel liquidien, associé à une sinusite ipsilatérale, sans lyse des cornets ni adénopathie locorégionale. La rhinoscopie montrait un épaississement et une hyperhémie de la muqueuse nasale gauche avec d’abondantes mucosités, sans corps étranger, ainsi qu’une hyperhémie et une hyperplasie folliculaire du nasopharynx avec des sécrétions mucopurulentes provenant de la cavité nasale ; l’analyse histologique a conclu à une rhinite chronique lymphoplasmocytaire, plus marquée à gauche.
Figure 2. Chat européen femelle stérilisée de 12 ans présentant depuis 4 mois éternuements, jetage nasal et dyspnée inspiratoire, avec amélioration transitoire sous antibiothérapie et prednisolone. Le scanner montrait une atteinte nasale sévère avec résorption des cornets, lyses osseuses et sinusite, sans effet de masse franc, orientant notamment vers une rhinite chronique ou un phénomène néoplasique diffus. La rhinoscopie a mis en évidence une masse de la cavité nasale droite ; l’analyse histologique des biopsies a conclu à un carcinome nasal. Ce cas illustre l’intérêt de coupler imagerie, rhinoscopie et histopathologie
Figure 3. Chat européen mâle castré de 9 ans présenté pour jetage nasal mucopurulent et écoulements oculaires bilatéraux chroniques. Le scanner révélait une lésion nasale agressive avec destruction osseuse diffuse, extension orbitaire et obstruction des choanes, fortement suspecte d’un phénomène néoplasique. Malgré une culture positive pour Pasteurella multocida et une analyse histologique de premières biopsies concluant à une rhinite nécrosante et suppurée sévère, de secondes biopsies endoguidées ont permis de diagnostiquer un lymphome muqueux. Ce cas souligne l’importance d’interpréter conjointement bactériologie, imagerie et histopathologie.